A la découverte de la Chine (3)

Chapitre 3 : Shenyang, seul contre tous

En arrivant à la gare de Shenyang Bei (Nord), ce qui frappe est l’imposante masse d’immeubles flambants neufs, avec des formes fantaisistes pour certains, d’autres encore sont inachevés.
C’est une ville moderne typiquement chinoise, avec de grands immeubles, de grandes rues, de grandes routes … et des petits chinois D’ailleurs, les autochtones sont très curieux envers les étrangers, je ne compte pas le nombre de personnes qui m’ont souri, fait « hello » ou pris en photo… Et je n’ai pas croisé un seul occidental en deux jours !
Je traverse la ville à pied (j’avais sous-estimé la distance) et première déconvenue, l’auberge que je visais a fermé… Là, un Chinois m’emmène vers un hôtel de luxe… Je lui fais comprendre que je n’ai pas l’intention de payer ce tarif et il m’emmène vers un autre hôtel, qui ne peut pas recevoir d’étrangers. Nous finissons notre course quelques rues plus loin, dans un autre hôtel de la même chaîne qui lui, peut accueillir des étrangers ! Allez comprendre… En tout cas, cette personne a été sympathique, m’a aidé sans rien attendre en retour ! L’hôtel, le 7 Days Inn de Xiaoxi Lu, anciennement Meishan Binguan, est refait à neuf et les chambres (150Y pour une double avec sdb) sont très confortables.

Je prends un taxi et lui indique le musée des chemins de fer. Au bout d’un certain temps à tourner dans la ville, il m’emmène trouver une (jolie ) jeune demoiselle parlant anglais. Celle-ci m’explique que le musée a changé d’endroit, et qu’il est désormais vraiment loin à l’extérieur de la ville et que cela me coûtera cher pour y aller en taxi. Je décide donc d’aller au Musée du 18 Septembre (entrée libre), qui revient sur l’invasion de la Mandchourie par les japonais en 1931. La muséographie, ainsi que le bâtiment lui-même, sont saisissants. A la sortie, des étudiants veulent exercer leur anglais avec les touristes – et ce n’est pas une arnaque cette fois !

Je me promène dans la ville, en passant notamment devant la statue de Mao sur la Place Zhongshan et dans le quartier coréen : ambiance irréelle où un restaurant affichant un immense drapeau nord-coréen en devanture côtoie son homologue sud-coréen… Choisissez votre camp !
Le Musée Provincial du Liaoning (entrée libre) tient la comparaison avec le Musée de Shanghai. Il s’attarde davantage sur la préhistoire de la région et ses liens avec la culture coréenne, mais présente également des œuvres contemporaines. Les légendes en anglais ne sont pas systématiques, mais des audioguides sont disponibles.

Sur Zhong Jie, entre Xishuncheng Jie et Chaoyang Jie, il y a un petit fast-food sino-irlandais ! La nourriture n’est pas extraordinaire mais le concept est original et le propriétaire est sympa et parle anglais !

 

Chapitre 4 : Dandong, un regard sur un pays fermé

Après un trajet de 4h30 en assis dur depuis Shenyang (42Y – en assis dur, il y a une banquette de trois places et une de deux places dans la largeur ; le hasard a voulu que je sois sur le milieu de la banquette de trois places) à travers la campagne chinoise qui contraste fortement avec la Chine des villes (très peu de mécanisation, les charrettes tirées par des ânes sont encore relativement courantes sur les routes), j’arrive à Dandong, petite ville au bord du fleuve Yalu, à la frontière nord-coréenne.

Ayant lu et beaucoup apprécié les écrits d’un membre connu de VoyageForum, j’ai eu l’envie de faire un détour par cette petite ville de 800 000 habitants car c’est le principal poste frontière vers la Corée du Nord.

Je pose mes affaires au Luyuan Binguan (100Y la simple), hôtel vieillot et avec seulement des toilettes turques…

Je me dirige ensuite vers la rive, et soudain, je me retrouve face à la Corée du Nord ! J’embarque pour une promenade en bateau (50Y) s’approchant au plus près de la rive coréenne. Le contraste avec la rive chinoise est saisissante : une zone industrielle désertée, des grues rouillées et immobiles, la pince d’une grue posée dans la cale d’un navire, sauf que le navire en question est vide et échoué…
J’enchaîne avec la visite du Pont Brisé (30Y), bombardé par les américains pendant la guerre de Corée, et dont seule subsiste la partie chinoise.
Je me rends au Musée Commémoratif de l’Agression Américaine (entrée libre), mais pas de chance, c’est fermé le lundi… Il y a quand même une collection intéressante d’armes de guerre à l’extérieur.

Le soir, je me rends au Pyongyang North Korean Restaurant (Pingrang Gaoli Fandian, situé Bawei Lu EDIT : celui-ci n’existe plus, c’est sans doute l’un de ceux qui sont apparus le long de la rivière), restaurant repérable par un (discret) drapeau nord-coréen en devanture. Les demoiselles (très jolies :)) vous accueillent dans une tenue impeccable d’hôtesse de l’air ou en robe traditionnelle, avec toujours un petit drapeau nord-coréen à la poitrine. A l’intérieur, la scène avait le rideau tiré, mais j’ai pu voir une des demoiselles jouer du clavier en silence. Au fait : la nourriture est excellente ! Et c’est très différent de la cuisine chinoise.

Le parc sur la rive du Yalu offre à la nuit tombée un spectacle agréable : on peut voir notamment un groupe de messieurs d’âge respectable calligraphier à l’eau sur les dalles de la promenade, en ligne et en synchronisme parfait ; plus loin, une dame chante des airs d’opéra chinois, accompagnée par un saxophone ; ailleurs encore, un groupe pratique une chorégraphie au sabre.
Par ailleurs, le Pont Brisé et son jeune frère, le Pont de l’Amitié Sino-coréenne, poste frontière officiel, sont illuminés, à l’inverse de la rive coréenne, à tel point qu’on peut se demander s’il y a réellement une autre rive.
Près des deux ponts, les inévitables étals pour touristes exposaient leurs articles prétendument originaires de l’autre rive : timbres, monnaie, badges… Je n’ai par contre pas trouvé de « raretés » dont parlaient certaines personnes.
Le lendemain, je retournai au restaurant nord-coréen et je posai avec ces demoiselles, avant de prendre un bus pour Dalian (99Y, note : comme pour les billets de train, les billets de bus s’achètent aux guichets des gares routières – et seulement là).

PS : Des touristes rencontrés sur place (qui se rendaient en Corée du Nord le lendemain) m’ont conseillé la Grande Muraille à la Montage du Tigre, à une vingtaine de kilomètres de Dandong. C’est la partie la plus orientale de la muraille, et on voit les paysans nord-coréens à l’œuvre juste en contrebas.

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