Train de Jiayang

Dans ces montagnes du sud du Sichuan, se cache un des derniers trains à vapeurs en usage régulier au monde. Fossile vivant de la révolution industrielle, construite dans la ferveur de la Révolution Culturelle pour desservir des villages isolés et des mines de charbon, cette voie étroite d’une vingtaine de kilomètres continue de voir passer une dizaine de fois par jour des trains tractés par des locomotives à vapeur de conception soviétique, selon des rituels qui semblent immuables. Même si les mines ont fermé et que les touristes se font plus nombreux, ce train reste le seul moyen d’accès à certains villages de montagne, et les petits wagons spartiates transportent toujours leur lot de villageois faisant leurs affaires au bourg.

Construit initialement à l’écartement de 600mm puis modifié plus tard en écartement de 762mm, ce réseau est un incontournable pour tout ferrovipathe. Les trains de passagers sont assurés en traction vapeur, une petite partie du réseau est électrifiée pour les trains de fret mais lors de mon passage en mai 2017 il ne semblait plus y avoir de trafic fret, mais un ballet de camions chargeant du charbon…

En partant du bourg, le train se lance dans l’ascension des collines à travers la végétation subtropicale et quelques tunnels dont le gabarit coïncide tout juste avec la largeur du convoi. La locomotive souffle furieusement mais tient bon; la gare de Mifengyan en cul-de-sac à mi-parcours lui offre un peu de répit : la locomotive doit alors manœuvrer pour se remettre en tête de train.

La suite du parcours est un peu plus dégagée, la ligne trace alors de grandes courbes à travers des cultures en terrasses et quelques villages épars.

Au terminus de la ligne, le temps s’est arrêté avec l’exploitation de la mine. Si un petit musée présente l’histoire de la mine, celle-ci se devine dans les rues du village figé dans le temps et encore partiellement habité par des vieillards qui tuent le temps en buvant du thé et jouant au mah-jong sur le pas de leur porte. Subtil mélange de maisons coloniales, de village traditionnel, et de bâtiments de type soviétique avec la scène et le palais de la culture, le village près de la gare de Bagou mérite qu’on s’y attarde. Un petit musée y présente également l’histoire du village.

Après le passage du train, des villageois viennent récupérer des morceaux de charbon sur la voie !

L’ouverture au tourisme a fait grimper en flèche le prix des billets pour les extérieurs, on vous facturera 160Y l’aller-retour dans les voitures « vitrées ». Sinon, un billet pour un trajet en classe « ordinaire » (dans des wagons tôlés avec de rares ouvertures) revient semble-t-il a 5Y par gare.

Lors des trajets avec des voitures pour touristes, un arrêt photo est prévu où après avoir débarqué les passagers, le train recule puis revient en larguant des panaches de vapeur !

Quatre allers-retours par jour incorporent une voiture pour touristes, il y a également d’autres marches avec des voitures ordinaires.
L’accès à la gare de départ est en principe possible par un bus depuis Leshan, nous avions pour notre part loué une voiture pour cette partie du voyage.

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